Commençons par une petite définition du mot ‘’public’’ : En sociologie, le public désigne l'ensemble des personnes qui s'intéressent à une œuvre intellectuelle, littéraire, artistique, par exemple.
Mais j’ai envie d’ajouter à cette définition que bien que le public soit la source de revenus de tout artiste, il est aussi sa bête noire. Car pour qu’il reste fidèle, il faut savoir le contenter.
Cependant, il faut différencier les types de publics. Organisons-les en cinq catégories.
.Le public théâtral
C’est celui qui vient voir un spectacle non musical en live. C’est, en général, le public le plus simple
à satisfaire. En effet, lorsque l’humoriste acquiert son public, il sait que ce dernier est sensible à son humour. Il lui suffit donc de rester fidèle à
lui-même (en sachant que son public sera toujours le même), sans pour autant tomber dans une redondance, pour ne pas lasser son public. Car quoi de plus
désagréable pour un public que de voir toujours la même chose ? (Jean-Marie Bigard par exemple)
Il faut savoir aussi que le public théâtral est intemporel. Il suffit au public d’adhérer à l’humour pour être conquis. Les humoristes sont de ce fait, ‘’immortels’’. (link)
.Le public musical
C’est celui qui est le plus versatile. Il peut du jour au lendemain, faire passer l’artiste du rang de ‘’Dieu’’, au rang de ‘’merde’’. Mais pour bien comprendre cette humeur changeante, il faut remonter au niveau de l’artiste.
Lorsqu’un artiste fait un premier album, il décrit ce qu’il est. Il fait valoir ses idées, sa personnalité, tant au niveau des paroles, tant au niveau de la sonorité. Et c’est ce qui va plaire à son public de la première heure. Car il va se retrouver en lui.
A partir de là, on va pouvoir discerner trois cas.
Le premier cas, c’est l’artiste qui va rester fidèle à lui-même, ainsi qu’à son public. Ses albums vont évoluer dans le même style, afin de garder son public. (System of a Down, David Guetta….)
Le deuxième cas (beaucoup plus répandu), c’est l’artiste qui est là pour gagner sa vie. Et pour ce faire, il faut qu’il touche un public de plus en plus large. Alors, il va faire en sorte que ses albums soient accessibles à un plus grand nombre, quitte à décevoir son public de la première heure. (Korn, Marilyn Manson, Eminem….)
Et enfin, il va y avoir l’artiste intemporel. Celui qui va savoir évoluer avec le temps afin de garder son public de la première heure, tout en l’élargissant. (Johnny Hallyday, Mylène Farmer, Patrick Bruel….).
Donc, pour résumer, si le public musical peut-être versatile, c’est que les artistes peuvent l’être aussi. Et tout comme eux, sans s’en rendre compte, où même le vouloir, le public va continuer à s’identifier à l’artiste….
.Le public littéraire
Lorsque l’on est écrivain, on a un style d’écriture, de phrasé propre. Le public va alors adhérer à ces différents styles. Et c’est sans doute le public le plus dur à contenter. Car si un écrivain change de style, il perd son lectorat, mais si il s’enferme dans un unique et même style, il peut désintéresser ce même lectorat. Prenez Dan Brown ou encore Harlan Coben (deux écrivains que j’aime beaucoup). Si on lit plusieurs de leur roman à la suite, on s’habitue à leur style d’écriture, et alors, dès le troisième chapitre, on devine où ils veulent en venir, et le suspense n’est plus.
.Le public cinéphile (ou cinéphage) 
Tout comme la littérature, ou la musique, il existe un grand nombre de cinémas. Mais contrairement aux deux autres formes d’art, il est difficile de satisfaire le public cinéphile. Car, pour faire l’unanimité, il faut que l’histoire soit intéressante, que les images plaisent, que les acteurs soient au niveau et que la musique nous transporte. Et si ces quatre points sont atteints, alors on nous délivre un Grand Classique.
Mais qu’est-ce qu’un classique du cinéma ? Est-ce que tous les classiques le resteront ?
Un classique du cinéma, c’est un film qui va nous toucher, nous faire rire, nous faire rêver. Qui restera intemporel. Mais la vraie question, c’est ‘’ comment faire pour qu’il soit intemporel, pour qu’il touche un public de générations en générations ?’’
Un des moyens, c’est de faire une histoire intemporelle. Prenez Star Wars, ou encore Blade Runner. Ces deux films parlent d’une lutte de pouvoir, de survie sur une forme de science fiction. Le fond est toujours d’actualité aujourd’hui, et la forme nous fait toujours rêver.
Le deuxième moyens, pour qu’un film soit, pour nous, un grand classique, c’est de le voir à son époque. Ma mère m’a beaucoup parlé de l’un de ses films cultes : Bagdad Café, qui est un classique du cinéma. J’ai donc décidé, il y a quelques mois de voir ce film. Je dois avouer que je n’ai pas pu passer le cap des trente minutes. Bien que l’histoire soit très belle, le film en lui-même à très mal vieillit. Et de ce fait, il ne rentre pas dans ma sélection de film culte. Je l’aurai vu, dans les années 80, à son époque, je n’aurai peut-être pas le même regard sur ce film. Je vous donne un autre exemple. J’ai revu dernièrement deux films. Invasion Los-Angeles et Le Blob. Ces deux films ont mal vieilli aussi, mais parce que je les ai vu dans ma jeunesse, ils sont pour moi ‘’cultes’’.
.Le public de tous les jours
Il faut bien comprendre qu’au quotidien, nous sommes aussi un public, et que nous avons un public. Car lorsque l’on prend la parole dans notre groupe d’amis, ou de travail, nous faisons en sorte de garder leur attention. Et pour ce faire, on choisit nos mots, on enjolive, on grossit certains faits, on prend des intonations différentes afin de ne pas perdre notre public, on s’approprie même des histoires que l’on a pu voir ou entendre. Et c’est la même chose quand on est public. On va plus facilement écouter une personne qui raconte des choses intéressantes ou drôles, et qui sait les raconter.
Car il faut bien l’avouer, l’homme a un besoin de reconnaissance. Il aime se sentir exister. Et on existe grâce au regard des autres. Donc le public se crée par le biais des artistes, ou des personnes. Mais l’artiste et la personne ne peuvent exister sans public.
Et donc, si je parle autant des artistes dans un article consacré au public, c’est qu’il faut bien comprendre que artiste et public sont une seule et même entité.
M-H
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